Quand le PS étouffe le débat démocratique et surfe sur le « trumpisme »
Bruxelles, le 13 octobre – Le 1ᵉʳ octobre, la commission de l’Environnement du Parlement bruxellois a accueilli le Comité d’experts climat pour la présentation de son rapport 2026. À cette occasion, un échange a eu lieu entre les députés, les experts et le secrétaire d’État chargé de l’Urbanisme et de l’Environnement. Clémentine Barzin, députée MR, s’est notamment interrogée sur l’orientation idéologique assumée du rapport. Une prise de position qui a suscité une publication du député socialiste, Martin Casier, assimilant la députée à Donald Trump.

Il n’est pas rare que les commissions parlementaires accueillent, dans le cadre de leurs travaux, des associations, des experts ou des représentants de l’administration. Ces interventions donnent lieu à des échanges qui nourrissent le travail des parlementaires.
Lors de la précédente législature, l’ancien ministre de l’Environnement, Alain Maron, a instauré une Journée du climat au Parlement bruxellois. Lancée en 2021, cette initiative s’inscrivait dans la continuité d’une réforme du COBRACE (Code bruxellois de l’air, du climat et de la maîtrise de l’énergie) portée par l’ancien exécutif. Cette réforme a notamment conduit à la création de “l’assemblée citoyenne pour le climat” et du “comité d’experts climat”, chargé d’évaluer chaque année les politiques régionales au regard des objectifs climatiques. Celui-ci est composé de huit membres, scientifiques indépendants.
Le MR s’était alors opposé à cette réforme, pointant la multiplication des structures dans un contexte budgétaire tendu, alors qu’il existe déjà un “conseil de l’environnement” et des administrations dont c’est la mission.
C’est en rappelant ce contexte politique que Clémentine Barzin, députée MR, a introduit son intervention lors de l’examen du rapport 2026 du Comité.
« Ces dispositifs ont un coût pour le contribuable, et leur pertinence doit être examinée. Cinq ans après la mise en place du Comité, il est tout à fait légitime de s’interroger sur son bilan, son utilité et la pertinence de cet outil », avait-elle expliqué en commission.
Sur le fond, la députée libérale a pointé l’ancrage idéologique du rapport, qui, selon elle, ne propose pas d’analyse critique des écueils des politiques menées par le passé, notamment Renolution, l’assemblée citoyenne pour le climat ou encore la rénovation des logements sociaux, alors que cet examen relève justement de la mission du Comité. Elle estime par ailleurs que le rapport s’appuie sur les orientations de l’ancien accord de majorité, notamment le principe de « transition juste », pour formuler des recommandations à l’intention du gouvernement actuel, lequel poursuit ses propres objectifs en matière climatique.
Cet ancrage transparaît concrètement dans plusieurs passages du rapport. La préface du rapport assume déjà une position politique en affirmant : « Une société mondialisée fondée sur un modèle de marché qui génère structurellement des inégalités ne peut durablement surmonter ces déséquilibres sans une transformation de ce cadre économique… ». La partie consacrée à “l’intersectionnalité” soulève également des questions. Le texte défend en effet que le fonctionnement de l’économie mondiale, notamment les écarts de rémunération et d’accès à l’actionnariat, contribue aux inégalités, à la pauvreté et aux migrations.
Cette position et cet échange ont tout à fait leur place dans un débat démocratique. Ils ont pourtant suscité une réaction virulente du député socialiste Martin Casier sur LinkedIn. Dans sa publication, celui-ci assimile non seulement la position de la députée à celle de Donald Trump, mais l’associe également à un déni de la science et au "climatoscepticisme". Une accusation grave, qui relève d’une rhétorique populiste.
C’est une tentative nauséabonde d’étouffer le débat démocratique a dénoncé Clémentine Barzin : « Assimiler une analyse de fond à de la post-vérité digne de Trump est une tentative nauséabonde d’étouffer le débat démocratique. Je suis libérale, je défends la science, le savoir et les valeurs universelles. J’ai d’ailleurs reconnu, en commission, les compétences des experts. Une idéologie peut être défendue ou regardée avec circonspection, comme je l’ai fait au regard des missions de ce Comité d’experts. C’est cela, la démocratie, dont nous sommes les garants en tant que parlementaires ».
Visionnez les échanges en question de la commission Environnement sur Youtube.




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