Affaire Sophie Straat : « Unia doit mener une réflexion sur les exclusions liées au wokisme »
Bruxelles, le 8 septembre – Ce matin, en commission de l’Égalité des chances du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, la députée MR, Clémentine Barzin, a interrogé le ministre Yves Coppieters concernant la réaction d’Unia dans l’affaire Sophie Straat. La chanteuse avait suscité la polémique lors du festival de Gand en exhortant les hommes blancs à se mettre à l’arrière du public, une séquence qui avait donné lieu à des centaines de signalements auprès de l’organisme. La députée libérale a invité le ministre à solliciter des réponses d’Unia concernant les phénomènes d’exclusion liés au wokisme.

« Tous les hommes blancs, derrière ! C’est le moment des filles, des personnes queers et des personnes racisées. Pas le temps pour la nuance : nous sommes déjà trop tard, depuis longtemps, trop tard pour la nuance. Tous les hommes blancs derrière, les hommes blancs derrière ! », avait scandé la chanteuse Sophie Straat lors d’un concert à Gand.
Ces propos ont suscité de vives réactions au sein de l’opinion publique et de nombreuses personnes ont ressenti ces déclarations comme blessantes, stigmatisantes ou polarisantes. L’artiste n’en était manifestement pas à son coup d’essai, puisqu’un appel similaire avait déjà eu lieu lors d’un concert aux Pays-Bas.
De son côté, Unia, le Centre interfédéral pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme et les discriminations, a été saisi d’une centaine de signalement dans cette affaire. Sa co-direction a estimé, dans un communiqué de presse, qu’il n’existait pas « suffisamment d’indices permettant de conclure à une violation de la législation anti-discrimination ou à une incitation à la haine répréhensible ».
Cet argumentaire a interpellé la députée MR, Clémentine Barzin, qui a demandé au ministre Yves Coppieters son analyse de l’avis d’Unia, s’interrogeant du signal envoyé par ce type de séquence, sachant que la Fédération Wallonie-Bruxelles est engagée en matière d’éducation à la citoyenneté, de travail de mémoire et de prévention contre toutes les formes de discrimination.
Dans sa réponse, le ministre communautaire de l'Egalité des Chances a souligné l'indépendance d'Unia ainsi que l'importance de la nuance, en ce compris dans la formation de la jeunesse.
Acquiesçant à cela, la députée libérale a néanmoins invité le ministre à aller plus loin et à solliciter de l'institut pour l'égalité une réflexion sur le wokisme et les exclusions qu'il peut produire.
« L’organisation de l’espace public et culturel selon des critères de couleur de peau, comme l’injonction faite à une partie du public de s’installer à l’arrière d’une salle en fonction de son apparence, n’est pas un incident isolé. Il s’agit de la manifestation concrète d’un courant de pensée dogmatique qui prétend lutter contre les discriminations en les réinventant. C’est ce qu’on appelle désormais le wokisme », a déclaré Clémentine Barzin en commission de l’Égalité des chances.
Et d'ajouter :
« Comment se sont sentis les jeunes gens dits blancs rejetés en raison de ce qu'ils sont et aucunement en raison de leur action individuelle? Ne se sont-ils pas sentis stigmatisés, humiliés? Comment aurait réagi Unia si la chanteuse avait ciblé, a contrario, les jeunes femmes dites de couleur? Quelle que soit l'intention affichée par l'artiste — qu'il s'agisse de dénoncer des injustices passées ou de créer des espaces dits "protégés" —, Le racisme demeure du racisme, même s’il prétend se déployer pour de "bonnes raisons". En acceptant de trier un public selon des critères raciaux, on légitimise un outil d'exclusion historique et on sabote les acquis fondamentaux universalistes de l'égalité en droit. »
Pour Clémentine Barzin, Unia ne peut rester muet sur ce phénomène. « Le wokisme a son histoire et ses caractéristiques propres mais, aujourd'hui, dès lors qu'il produit des exclusions, il importe qu'Unia s'en saisisse, c'est aussi un enjeu de cohésion sociale », conclut la députée.




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