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Il faut rouvrir le dossier d'aménagement de la place du Châtelain

Un aménagement urbain doit viser l’amélioration de la qualité de vie de tous les usagers d’un quartier. Alors que la vie bruxelloise se passe de plus en plus en dehors des murs et que les Bruxelloises et Bruxellois sont en demande de davantage de végétal en ville, ces enjeux de convivialité sont à rencontrer. Mais la verdurisation ne peut se faire au risque de rompre l’équilibre des quartiers.

Aujourd’hui, l’aménagement de la place du Châtelain fait l’objet d’un permis modificatif sur le bureau de la secrétaire d’Etat bruxelloise à l’urbanisme. Mais ce processus est marqué par différents manquements, que j’ai relevés – en tant que membre de la commission des affaires économiques du parlement – notamment à l’écoute des commerçants.


Absence de participation citoyenne


Questionnaires fermés et en ligne, pas de réponses si ce n’est des « on verra », réunions de « communication avec les commerçants » mais pas d’écoute de leurs inquiétudes… L’aménagement de la place du Châtelain n’est pas le fruit d’un processus partagé avec les principales parties prenantes du quartier. C’est d’ailleurs à cause de ce manque d’écoute de leurs inquiétudes que les commerçants et riverains se sont joints pour créer l’asbl «Châtelain Village» à l’automne 2021.


Absence de compensation des 130 à 140 places de parking supprimées


Les parkings hors voiries supposés, selon la commune d’Ixelles, absorber les voitures qui ne pourront plus se stationner sur la place du Châtelain et qui se trouvent à moins de 10 minutes à pied (parkings BePark rue du Page, Bailli et Saint-Gilles) sont trop petits et déjà fortement occupés par des occupations « au mois ». En aucun cas ils ne peuvent répondre à une demande de compensation des places supprimées.


Comment les riverains ayant une famille, âgés ou PMR pourront-ils être assurés d’avoir une place de parking à relative proximité de chez eux ? Comment les commerçants vont-ils se stationner, stationner leur personnel ? Comment les clients passant par la place du Châtelain avant de rejoindre une commune plus éloignée ou les clients de commerces de destination vont-ils se stationner pour un achat ? Quelle sera la capacité en places pour les riverains et les commerces lorsque les véhicules des maraîchers devront également occuper des places dans les rues adjacentes le mercredi ?


Alors que ces questions sont frappées au coin du bon sens, la commune d’Ixelles et la Région bruxelloise n’envisagent à ce stade pas de solutions supplémentaires de stationnement.


Absence de plan de circulation


Au parlement, la ministre bruxelloise de la mobilité m’a répondu le 27 juin qu’il n’y avait pas encore de phasage des travaux, eu égard notamment au chantier du tunnel Bailli-Vleurgat… alors que ces travaux au Châtelain sont prévus dès septembre. Il n’y a dès lors à ce stade pas de plan de circulation ni de plan pour les zones de livraison alors que non seulement les riverains et les commerçants de la place du Châtelain sont concernés mais également ceux des rues adjacentes et du parvis de la Trinité.

La commune d’Ixelles est aussi en défaut d’une étude d’impact globale des chantiers cumulés aux environs : dans un périmètre réduit, il y a ou il y aura prochainement le chantier du tunnel Bailli-Vleurgat, le chantier du Châtelain, la mise en piétonnier du premier tronçon de la rue du Bailli et des travaux de verdurisation de la place Flagey… Mais aucune trace d’une organisation globale du trafic.



Nous soutenons pleinement la végétalisation et l'embellissement des places emblématiques de Bruxelles. Toutefois, une approche réfléchie et coordonnée est capitale, afin de prévenir tout impact néfaste sur les commerçants, les maraîchers et les riverains. Ici, l’absence de participation citoyenne, d’écoute, de solutions pour le stationnement, pour l’accès des clients en voiture révèle une impréparation et une précipitation qui confinent au mépris.

Après avoir traversé des crises sans précédent, tels que les confinements liés à la pandémie, la crise énergétique et la transition des modèles avec une concurrence grandissante d’un géant du commerce en ligne comme Amazon, les commerçants locaux ne peuvent tout simplement pas se permettre de perdre davantage de clients.

J’invitais ce jeudi la secrétaire d’Etat en charge de l’urbanisme à rouvrir le dossier afin de veiller à ce que les solutions demandées soient apportées avant de valider le permis et d’entamer les travaux.

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